Παρασκευή, 18 Απριλίου 2008

Adieu Aimé Césaire...





Qui et quels nous sommes? Admirable question!

A force de regarder les arbres je suis devenu un arbre et
mes longs pieds d’arbre ont creusé dans le sol de larges
sacs à venin de hautes villes d’ossements
à force de penser au Congo
je suis devenu un Congo bruissant de forêts et de fleuves
où le fouet claque comme un grand étendard
l’étendard du prophète
où l’eau fait
likouala-likouala
où l’éclair de la colère lance sa hache verdâtre et force les
sangliers de la putréfaction dans la belle orée violente des
narines.

Au bout du petit matin le soleil qui toussote et crache ses
poumons

Au bout du petit matin
un petit train de sable
un petit train de mousseline
un petit train de grains de maïs
(…)
douaniers anges qui montez aux portes de l’écume la
garde des prohibitions

je déclare mes crimes et qu’il n’y a rien à dire pour ma
défense.
Danses. Idoles. Relaps. Moi aussi

J’ai assassiné Dieu de ma paresse de mes paroles de mes
gestes de mes chansons obscènes.

J’ai porté des plumes de perroquet des dépouilles de chat
musqué
J’ai lassé la patience des missionnaires
insulté les bienfaiteurs de l’humanité.
Défié Tyr. Défié Sidon.
Adoré le Zambèze.
L’étendue de ma perversité me confond !